dilluns, 6 de juliol de 2009

Censures polítiques i atacs personals

Font . Le Monde

--"La chaîne TF1 n'a pas fini d'entendre parler de Jérôme Bourreau-Guggenheim. Licencié, le 16 avril, pour avoir critiqué le projet de loi Hadopi dans un mail qu'il avait adressé à sa députée, Françoise de Panafieu (UMP), mais qui était parvenu à TF1 par l'intermédiaire du ministère de la culture, l'ancien responsable du pôle Innovation Web de la chaîne privée a de ce fait ajouté son nom sur les étendards brandis par les défenseurs des libertés.
Tout en se disant lui-même "surpris" du "retentissement" qui a été donné à son licenciement, M. Bourreau-Guggenheim, 31 ans, a choisi d'en profiter pour amplifier et pérenniser sa contre-attaque. Parallèlement à l'action qu'il a intentée devant les prud'hommes, il a déposé une plainte pour "discrimination" en raison d'"opinions politiques", le 29 juin, au tribunal de grande instance de Nanterre. Sont visés TF1, en tant que personne morale, ainsi que son PDG, Nonce Paolini.

Figurant au chapitre consacré aux "atteintes à la dignité de la personne", l'article 225-2 du code pénal punit de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende toute "distinction" - dont le licenciement - "opérée entre les personnes physiques à raison", notamment, de "leurs opinions politiques". Pour l'avocat de M. Bourreau-Guggenheim, Emmanuel Noirot, la lettre de licenciement reçue par son client suffit à justifier la plainte.

En révélant l'affaire dans son édition du 7 mai, Libération avait cité des extraits de ce courrier faisant explicitement allusion au mail adressé à Mme de Panafieu. Dont cette précision : "Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la culture qui l'a adressée le jour même à la société TF1". Un parcours à forte résonance symbolique, compte tenu des soupçons sur les relations entre le pouvoir sarkozyste et le groupe audiovisuel, dont le principal actionnaire, Martin Bouygues, est un proche du chef de l'Etat.

"JE SUIS LOYAL"

"Faire le procès d'un système de connivence que tout le monde réprouve mais qui, au final, ne choque plus. Moi, j'aimerai bien que ça choque", a confié M. Bourreau-Guggenheim à Libération (du 30 juin). Incité depuis à la prudence par son avocat, l'ancien jeune cadre de TF1 s'efforce désormais de s'en tenir à la seule défense de la liberté d'expression. Une "liberté vitale pour notre démocratie", dit-il.

Il est vrai que l'affaire a déjà fait grand bruit sans qu'il ait eu besoin d'en rajouter : empoignades à l'Assemblée, où l'ex-ministre de la culture, Christine Albanel, a été vivement mise en cause par l'opposition ; sanction à l'encontre du membre de son cabinet qui avait transféré à TF1 le mail reçu de Mme de Panafieu (Le Monde du 12 mai).

Désormais engagé, au pénal, dans une longue procédure, M. Bourreau-Guggenheim doit s'adapter aux circonstances. Pour faire vivre cette affaire sans nuire davantage à sa carrière. Indiquant avoir eu "quelques contacts avec des élus de l'opposition, qui (l')ont invité à participer à des débats sur Hadopi", l'ex-cadre de TF1 doit aussi "rassurer (ses) futurs employeurs" lorsqu'il est convié à un entretien d'embauche. TF1 ayant dénoncé des "prises de position (...) radicales exprimées publiquement", il se défend sur ces deux points : "Je suis loyal, je n'ai rien publié en étant chez TF1. Et je ne suis pas un extrémiste du téléchargement gratuit.""--